Inès Geoffroy, sur 100 % L'EXPO à La Villette

01 Juil 2025

En 2025, à l’occasion de la Révélation Arts plastiques, l’ADAGP s’est associée pour la première fois avec 100% L’EXPO à La Villette, à Paris, pour récompenser un artiste émergent, lors de l’événement qui se déroulait du 10 avril au 11 mai. La commissaire de l’exposition raconte l’organisation de cette exposition décrite comme « ni un salon d’art contemporain, ni pour autant une exposition thématique ».

Quelles sont les spécificités du format de 100% L’EXPO ?

100% L’EXPO est née de manière très spontanée en 2018, à l’initiative de Didier Fusillier notre ancien président et de Jean de Loisy, l’ancien directeur des Beaux-arts de Paris. Il s’agissait de faire une exposition d’artistes récemment diplômés. Au fur et à mesure, il nous est apparu qu’il y avait justement un format à développer, entièrement consacré à la jeune création. Ce qui distingue ce format d’un salon, c’est tout l’accompagnement scénographique, sur lequel nous travaillons énormément. Lorsque j’ai repris le projet en 2021, j’ai toujours défendu le fait de ne pas transformer 100% L’EXPO en une exposition thématique, pour éviter d’écraser la multiplicité de profils et la spécificité de chacun.

En tant que commissaire, quels sont les enjeux de l’exposition ?

Tout d’abord, il y a un critère important qui relève de la scénographie, il faut que les propositions des artistes fonctionnent dans l’espace de La Villette, qui est très grand. L’exposition se déploie sur 3 500 m² avec une hauteur sous plafond de 17 m. Il faut que les projets s’emparent de ce vaste espace d’exposition. Notre second critère, c’est de bien percevoir le public que l’on accueille. À chaque édition, nous élaborons une exposition gratuite et très grand public. Elle attire de très nombreux visiteurs du parc de La Villette, un public qui est un peu moins habitué aux musées et aux galeries. Enfin, dans la sélection qui se fait avec le jury, il y a aussi l’idée d’avoir des profils particuliers qui nous semblent important de montrer : des artistes qui témoignent de leur époque et reflètent la jeune création actuelle. 

Bien qu’il n’y ait pas de thématique imposée, est-ce que des récurrences se sont dégagées de cette 7e édition ?

Chaque année nous remarquons des constantes dans les sujets abordés. La jeune création fait écho aux préoccupations de sa génération. Depuis quelques éditions, nous retrouvons donc les questions environnementales, les questions de genre, le travail sur les théories queer et également l’écriture de nouveaux récits par des voix minorisées.

Comment s’est formulée cette nouvelle collaboration avec l’ADAGP dans le projet de 100% L’EXPO ?

Nous avons reçu cette proposition d’intégrer la Révélation Arts plastiques au sein de notre exposition comme une très bonne nouvelle. Pour nous, ça a donné lieu à des discussions passionnantes. Nous nous sommes interrogés sur les implications de faire un prix destiné aux artistes émergents. Cette année, la Révélation a d’ailleurs été décernée à Nafiseh Moshashaeh. Au-delà de la Révélation reçue par la lauréate, c’est tout le travail d’accompagnement des artistes qui nous a parlé spontanément, notamment les rencontres avec les professionnels qui ont été organisées. Nous avons invité une quinzaine de professionnels du monde de l’art qui travaillent sur la jeune création, des critiques indépendants, des commissaires d’exposition, des représentants d’institutions mais aussi des galeries. Chacun d’eux a pu rencontrer plusieurs artistes et échanger sur leur travail. Ce fut un moment très précieux. 

 

Plus d’informations