Bourse Étant donnés 2026 : 2 projets lauréats
Chaque année, l’ADAGP accorde un soutien de 15 000 € au dispositif Étant donnés afin de permettre aux institutions américaines d’exposer le travail d’artistes de la scène française aux États-Unis.
Étant Donnés est un programme de la Villa Albertine et de la Fondation Albertine, avec le soutien exclusif du Fonds AXA pour le Progrès humain, en partenariat avec l’Institut Français, le ministère de la Culture, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et l’ADAGP. Il vise à renforcer les liens entre la France et les États-Unis en favorisant une collaboration entre les artistes des arts visuels, les commissaires d’exposition et les institutions culturelles de la scène française et états-unienne.
En 2026, le jury a distingué :
Le Center for Art, Research and Alliance
À hauteur de 5 000 € pour la première exposition personnelle américaine de Valérie John, Et si la mer n'était pas bleue, qui sera présentée du 27 mai au 15 août 2027 et curatée par Amandine Nana.
Valérie John, I telman nwè ki i blé [It is so dark that it is blue], 1998–2023, installation, mixed technique, woven papers, pigments and illumination (gold) and aluminum hook, 600 x 300 x 30 cm. © Adagp, Paris, 2026
« Réunissant œuvres textiles et installations, l'exposition explore les histoires afro-diasporiques à travers le concept de « métier à métisser » de John, une pratique de tissage transculturelle. Utilisant des matériaux tels que l'indigo et le pagne, ses environnements immersifs évoquent des mémoires superposées et des héritages coloniaux. Accompagné de performances, de publications et de traductions, le projet élargit l'accès à son œuvre tout en favorisant le dialogue sur la transmission culturelle, la mémoire et les histoires transnationales.
Valérie John (née en 1964 à Fort-de-France) est une artiste plasticienne dont la pratique explore la mémoire, le déracinement et l'identité à travers des œuvres textiles et multimédias. Formée à l'art et à la sémiotique à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne au début des années 1980, elle entreprend des recherches sur les dimensions symboliques et mnésiques de la pagne , ce qui la conduit au Sénégal en 1983 et à une immersion au sein du Laboratoire Agit'art, mouvement d'avant-garde dakarois. À partir de 1998, elle développe une pratique palimpsestique mêlant textiles tissés, papier, teinture indigo et objets trouvés tels que livres et vêtements. Son œuvre reflète les histoires de la diaspora africaine, les traversées de l'Atlantique et la mémoire matérielle, et a été exposée à l'international en Afrique, en Europe et sur le continent américain. »
Le Norton Museum of Art West Palm Beach
À hauteur de 10 000 € pour la première exposition personnelle de l'artiste Noémie Goudal dans un musée américain, Noémie Goudal : Sacro Bosco, qui sera présentée d'avril à octobre 2027 et curatée par Lauren Richman.
Noémie Goudal, Making of Supra Strata, 2024, © Adagp, Paris, 2026
« L'exposition invite le public américain à découvrir sa pratique multidisciplinaire, qui combine photographie, film, sculpture et installation pour explorer la perception, l'illusion et le « temps profond » géologique.
Réunissant des œuvres réalisées entre 2013 et aujourd'hui, l'exposition comprend une trentaine de pièces, parmi lesquelles ses récentes vidéos Grand Vide et Supra Strata . Elle présente également une nouvelle œuvre commandée lors d'une résidence de recherche en Floride du Sud, en lien direct avec le paysage écologique de la région, notamment les Everglades.
À travers ce dialogue transatlantique entre la pratique artistique française et les environnements américains, l'exposition propose une réflexion sur notre perception des changements planétaires, du temps et de la nature.
Noémie Goudal (née en 1984) est une artiste plasticienne dont la pratique combine photographie, film, sculpture, installation et performance à travers des paysages illusionnistes minutieusement mis en scène. Diplômée du Royal College of Art de Londres, elle conçoit des environnements à grande échelle qu'elle photographie ou filme, repoussant ainsi les limites de la représentation photographique pour créer des expériences spatiales immersives. Son travail s'appuie sur une recherche interdisciplinaire à la croisée de l'écologie, de l'anthropologie et de la géologie, explorant les concepts de temps profond et de paléoclimatologie. En juxtaposant la perception humaine aux échelles de temps planétaires, elle révèle la Terre comme un système en perpétuelle évolution. Noémie Goudal a exposé à l'international dans de grandes institutions et biennales, et ses œuvres figurent dans les collections de musées de renom à travers le monde. »

