Financement des actions culturelles par la copie privée : la cour de justice de l'union européenne dit oui

11 Juil 2013

Les auteurs, les artistes-interprètes, les producteurs et les éditeurs des œuvres musicales, de l’audiovisuel, de l’écrit et des arts visuels se réjouissent de la décision rendue, aujourd’hui, par la Cour de Justice de l’Union Européenne dans le litige opposant des sociétés du groupe Amazon et la société de gestion collective de droits d’auteur Austro-Mechana.

Elle confirme, en effet, qu’une partie des sommes perçues au titre de la rémunération pour copie privée peut être affectée à des actions sociales et culturelles.

Cette décision est capitale car elle valide le système mis en place en France dès 1985 et prévoyant que 25% des sommes collectées pour la copie privée doivent être consacrées « à des actions d’aides à la création, à la diffusion du spectacle vivant et à des actions de formation d’artistes. »

 Cette action culturelle est effectuée par les sociétés de perception et de répartition des droits, et représente près de 50 M€ par an, soutenant 5 000 initiatives sur tout le territoire français, dans tous les genres et secteurs culturels.

 Ainsi, la copie privée permet de financer les grands et les petits festivals, des pièces de théâtre, des concerts, des manifestations littéraires, des spectacles de rue ou de marionnettes, des expositions d’art, les arts graphiques et plastiques, les créateurs multimédia, le cinéma, le documentaire de création, ou encore les arts du cirque.

 La Cour de Justice reconnait également le droit pour un Etat de prévoir, à côté d’un mécanisme d’exonération, un système de remboursement de la rémunération pour copie privée acquittée pour des supports à usage professionnel. C’est le système qui a été mis en œuvre par la loi française de décembre 2011 s’agissant des supports destinés à des usages professionnels.

Au-delà, les auteurs, les artistes-interprètes, les producteurs et les éditeurs des œuvres musicales, de l’audiovisuel, de l’écrit et des arts visuels, sont satisfaits de cette décision qui renforce la légitimité de la copie privée alors même qu’elle fait l’objet depuis plusieurs années d’une offensive tout azimut en Europe des importateurs de matériels pour obtenir sa disparition.

Elle rappelle à ce titre que le rapport Vitorino, remis à la Commission européenne en début d’année, s’était largement fait le relai des préoccupations des Apple et autres importateurs de matériels pour démanteler le système de la copie privée.

Aussi, à la lumière de cette décision importante et dans le cadre de la réflexion engagée sur l’avenir de la copie privée, ils invitent l’ensemble des responsables européens à refuser la loi du plus fort et à conforter un dispositif qui reste plus que jamais un pacte entre les créateurs et le public et qui est un élément central dans le financement de l’action culturelle en France mais aussi ailleurs en Europe.

A cet égard, les auteurs, les artistes-interprètes, les producteurs et les éditeurs des œuvres musicales, de l’audiovisuel, de l’écrit et des arts visuels, attendent avec beaucoup d’intérêt le rapport d’initiative relatif à la copie privée qui sera publié prochainement par le Parlement européen, sous l’égide de Mme Françoise Castex qui en sera la rapporteure.

 

À découvrir aussi

Tribune collective pour l'inscription à l’agenda parlementaire de l’Assemblée nationale de la proposition de loi instaurant une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’IA

11/05/2026
Actualités Défense des droits Législation nationale et internationale Mobilisations pour le droit d'auteur

Dans une tribune collective au « Monde », les présidentes et présidents des sociétés de gestion des droits d'auteur françaises - notamment Hervé Di Rosa, peintre et président de l’ADAGP - défendent la proposition de loi adoptée à l’unanimité par le Sénat, le 8 avril, visant à inverser la charge...

Atelier ADAGP : six artistes témoignent en vidéo

20/04/2026
Vie dʼadhérent ADAGP

Ouvert en juin 2025, l’ Atelier est un lieu de travail collaboratif et de rencontres destiné aux adhérents de l’ADAGP.

Observatoire ADAGP-SGDL 2026 : l'exploitation des droits cédés aux éditeurs par les autrices et les auteurs du livre

17/04/2026
Actualités ADAGP
Après deux précédentes enquêtes consacrées à l'évolution des conditions contractuelles et de rémunération des auteurs du livre (2023) et à l’impact des intelligences artificielles génératives sur l’activité et les revenus des artistes-auteurs (2024), l’ADAGP, société de droits d’auteur dans les arts visuels, et la SGDL, Société des Gens de Lettres...