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Causerie 3 : Quelles sont les nouvelles formes de censure dans l’Art ?

24/06/2020
Causerie 3 : Quelles sont les nouvelles formes de censure dans l’Art ?

La Causerie du 29 juin 2020, consacrée aux nouvelles formes de censure dans l’Art, a permis de développer la question de la liberté artistique c’est à dire, la liberté de création et d’expression, essentielle pour les artistes.

 

 

 

Si l’artiste n’est bien sûr pas au-dessus des lois, son expression artistique, elle, est protégée par la loi, la loi du 7 juillet 2016, relative à la liberté de création, à l'architecture et au patrimoine, qui affirme que « la création artistique est libre ».

La question de la censure de l’Art est posée à chaque période de l’histoire humaine et aujourd’hui, les réseaux sociaux décuplent - du fait de leur viralité, de la concision des messages et la profusion des informations -  les effets de l’émotion au détriment de la raison, font la part belle à l’indignation voire l’accusation plutôt qu’à la recherche d’analyse et de compréhension.

Pendant une heure et demie, cette causerie a croisé les regards d’un historien de l’art (Eric de Chassey, Directeur de général de l’Institut national d’histoire de l’art - INHA), d’un artiste (Hervé Di Rosa), d’un avocat (Maitre Emmanuel Pierrat, avocat et auteur de l’ouvrage Nouvelles morales, nouvelles censures - paru aux éditions Gallimard) et d’une journaliste (Yasmine Youssi, Rédactrice en chef du service Culture de Télérama)

De l’immédiateté du jugement sur les réseaux sociaux au manque d’éducation artistique globale dans les écoles, en passant par l’appropriation culturelle, les intervenants ont tenté de mettre en évidence l’équilibre à trouver entre la liberté de création de l’artiste et la réception du propos de l’œuvre par le public.  

 

>>> Revoir la Causerie #3

 

 

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Lundi 29 juin à partir de 18h30, la Causerie #3 abordera les nouvelles formes de censure dans l’Art. En direct sur la chaine YouTube de l’ADAGP, Maitre Emmanuel Pierrat échangera avec les intervenants sur les « nouvelles morales », nées de bonnes intentions, mais qui peuvent parfois brider la liberté artistique ou détourner la volonté première du créateur. 

La culture, ou plutôt les œuvres quelle que soit leur discipline d’origine (arts visuels, littérature, cinéma, musique, etc.) sont de plus en plus sujettes à de virulentes attaques. 

Partout, les classiques d'antan sont remis en question. Ainsi, à l'étranger : 

- la fin de Carmen est revisitée en Italie :  pour dénoncer les violences faites aux femmes, le metteur en scène Léo Muscato a réécrit le final « parce qu’on ne peut pas applaudir le meurtre d’une femme » ; 

- Tintin au Congo et Autant en emporte le vent deviennent des œuvres qualifiées de racistes : la bande-dessinée d’Hergé a été rééditée et adaptée à plusieurs reprises, quelques changements sont concédés aux maisons étrangères en fonction de la sensibilité de chaque pays ; l’adaptation cinématographique du roman de Margaret Mitchell est retirée temporairement du catalogue HBO Max en juin 2020 en vue d’une recontextualisation.

 - l’exposition Balthus, en 2017 à New York, est contestée : un mois après le lancement du mouvement #metoo, une pétition de 12 000 signataires dénonce le regard présumé pédophile de l’artiste sur le modèle de « Thérèse rêvant » peint en 1938 ;

-  Egon Schiele est interdit de promotion dans les rues londoniennes : alors que Vienne prépare des événements et des expositions pour célébrer le centenaire de la mort de l’artiste, l’Angleterre, jugeant trop osés les dessins du peintre, censure les campagnes promotionnelles.

 
En France, au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de création, à l'architecture et au patrimoine, prend soin d'indiquer le principe de liberté de création. Elle souligne également l’importance que revêt la culture dans toute société démocratique, ainsi que le rôle actif des pouvoirs publics pour garantir cette démocratie culturelle.

Pourtant, de très récents débats remettent en question ce principe :

-    les militants antiracistes qui bloquent l’accès à la représentation de la pièce Les Suppliantes d’Eschyle à La Sorbonne dénonçant la présence de « Blackface » ;

-    la pétition pour la suppression de l’œuvre d’Hervé di Rosa célébrant l’abolition de l’esclavage à l’Assemblée nationale ;

-    la tribune demandant au Ministère de la Culture de cesser de soutenir l’œuvre de l’architecte et artiste Le Corbusier pour « complicité avec le régime de Vichy » …

 

Lundi 29 juin 2020 de 18h30 à 20h

En direct puis en replay sur la chaine YouTube de l’ADAGP

 

 Avec la participation de :

Eric de Chassey, Directeur général de l’INHA

Hervé Di Rosa, Artiste

Yasmine Youssi, Rédactrice en chef Culture, Télérama

 

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