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Il est temps de changer : Stop à la déresponsabilisation des plateformes Internet !

24/04/2018
Il est temps de changer : Stop à la déresponsabilisation des plateformes Internet !

Une délégation d’auteurs européens s’est rendue à Strasbourg le 17 avril dernier pour demander au Parlement européen des règles équitables du droit d'auteur dans le monde numérique.

Anggun, Alain Chamfort, Jean-Philippe Baltel, C215, Milène Guermont, Joyce Jonathan, Eleanor McEvoy, Axelle Red, Béatrice Thiriet, et d’autres créateurs issus de toute l'Europe se sont rendus le 17 avril au Parlement européen pour demander son soutien en faveur de l'équité pour les auteurs dans le monde numérique.

La délégation en provenance de 8 États membres a présenté une pétition signée par plus de 25 000 artistes et auteurs de toute l'UE, faisant suite à l’appel lancé en 2016 par Pedro Almodóvar, Daniel Buren, Agnieszka Holland, Ennio Morricone, David Guetta et bien d’autres. La pétition demande la fin du "transfert de valeur" dont bénéficient certaines grandes plateformes numériques, au détriment des créateurs. De nos jours, ces géants sont les principaux points d'accès aux œuvres, générant des revenus considérables, mais offrant très peu ou pas de retour aux artistes.

Les auteurs demandent au Parlement européen d’encadrer cette économie parasite et de rétablir l’équilibre dans le cadre de la proposition de directive sur le droit d'auteur, afin de rémunérer la création sur Internet.

Outre l'injustice créée pour l'ensemble du secteur culturel, une poignée de géants technologiques dominent le paysage des médias numériques à travers le monde en contrôlant l'accès à l'information. Ils manipulent aussi le débat sur le droit d'auteur via des ONG et des campagnes démagogiques, en utilisant des arguments sur les valeurs sociétales comme les libertés fondamentales qu’ils détournent et même vident de leur sens à leur seul profit.

Les créateurs ont exprimé leur plein soutien à la position prise par le député rapporteur allemand Axel Voss dans ce débat, dont l'ambition et le travail actuel sont axés sur la recherche d'une solution qui permettrait de mettre un terme à ce problème. Ils ont exhorté le Parlement européen à rester ferme sur cette ligne et à ne pas laisser la diffusion d’arguments fallacieux, créés par ces géants de l’Internet.

Comme l’affirme C215 : « Les artistes sont des entreprises locales qui emploient des personnes sur le territoire européen, qui créent de l’emploi, paient des impôts en Europe. En tant qu’artistes, nous sommes fiers d’être Européens et de faire briller l’Europe à travers notre art. L’Europe doit faire respecter nos droits face aux plateformes Internet ».

L’eurodéputée Virginie Rozière a déclaré : « Aujourd'hui, la valeur du travail des créateurs est détournée par les plateformes en ligne au détriment de l'économie culturelle européenne, affectant le marché numérique dans son ensemble. L'avenir de la nouvelle génération de créateurs est en jeu et il est de notre responsabilité de mettre fin à cette situation injuste de profiteurs sans plus tarder. Il est temps que l'Europe démontre son ambition d'un écosystème fort et durable qui profiterait aux créateurs et aux citoyens. »

Sa consœur italienne Silvia Costa ajoute : « L'Europe a toujours été et doit rester le champion de la culture et la créativité, qui nous lie ensemble. Aujourd'hui, l'Europe a une chance historique d'uniformiser les règles du jeu pour les créateurs et les services en ligne, permettant ainsi un bon fonctionnement du marché unique numérique de l'UE pour le contenu créatif. Il s'agit d'assurer l'indépendance et la liberté des créateurs, tout en permettant un large accès à leurs œuvres pour les consommateurs. Le fait que tant de créateurs soient engagés de notre côté aujourd'hui est un signal clair que nous sommes sur la bonne voie, et que les droits d'auteur / droit d'auteur, la liberté d'expression et la démocratie vont de pair. »

 

Artistes et auteurs, faîtes entendre votre voix en signant la pétition :

#Makeinternetfair