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[9 enjeux pour les arts visuels] Pour le renforcement des moyens dédiés au rayonnement international de la scène artistique française

19/07/2022
[9 enjeux pour les arts visuels] Pour le renforcement des moyens dédiés au rayonnement international de la scène artistique française

En 2022, l’ADAGP soumet 9 propositions pour la scène artistique française, à destination du nouveau mandat présidentiel, des députés et du nouveau gouvernement.

 

 

 

 

 

Enjeu n°9 : Renforcement des moyens dédiés au rayonnement international de la scène artistique française

 

Outre l’Institut français, les secteurs du cinéma, de la musique et du livre bénéficient chacun d’un organisme dédié à leur promotion à l’international, doté d’un budget et d’une équipe propres.

Ainsi, UniFrance, association loi 1901 créée en 1949 sous le contrôle du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), comptant près de 1000 adhérents, a développé des outils d’étude des marchés internationaux et de leur évolution. Elle accompagne les films français sur les marchés internationaux, s’assure de leur vente et de leur distribution. Elle organise par ailleurs des manifestations dédiées au cinéma français et met en œuvre des actions diversifiées au service d’un élargissement de la diffusion des films français sur les principaux marchés mondiaux.

De la même manière, le Centre national de la musique (CNM), qui abrite désormais l’ancien Bureau Export de la Musique Française (accompagnement de la filière musicale française dans le développement de ses projets à l'international, dans le domaine des musiques actuelles et des musiques classiques), compte parmi ses missions la favorisation du développement international du secteur de la musique et des variétés en accompagnant et en soutenant l’exportation des productions françaises et en contribuant au rayonnement des œuvres ainsi qu’à la mobilité des artistes.

Dans le secteur du livre, le Bureau international de l’Edition française (BIEF), association loi 1901 soutenue par le ministère de la Culture et le ministère des Affaires étrangères, constitue une vitrine de l’édition française à l’international.

Le secteur des arts visuels n’est pas doté d’un tel organisme similaire à UniFrance ou au BIEF spécifiquement dédié à l’exportation de la scène artistique française à l’international.

Sans outil spécifique, les arts visuels souffrent aussi d’un manque de moyens dédiés à leur secteur au sein de l’Institut français. Selon les sources, entre 10 et 15% des ressources de l’Institut français pour la création seraient consacrés aux arts visuels. Dès lors, comment s’étonner de la faible présence des artistes de la scène française dans les divers classements internationaux d’artistes publiés dans la presse ? 17

Il est donc essentiel que les pouvoirs publics dotent le secteur des arts visuels de réels moyens pour renforcer leur rayonnement à l’échelle internationale.

 

Objectifs :

 - Renforcement des moyens financiers et humains de l’Institut français pour la valorisation de la scène artistique française à l’international à la hauteur des enjeux et de la part que représentent les arts visuels dans les secteurs de la culture.

 - Si nécessaire, création d’une entité dédiée à la valorisation et à la promotion à l’international de la scène artistique française, avec le soutien du ministère de la Culture.

 

>> Voir l'enjeu précédent "Pour la création, via le CNAP, d’un dispositif de financement automatique de la production de la scène artistique française"

 

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17 Voir par exemple, « Artindex Monde, des évolutions à la marge », Le Journal des Arts n°521 du 12 avril 2019

 

 

 

Pourquoi 9 enjeux pour les arts visuels ?

Dans leur rapport consacré au panorama des industries culturelles et créatives en France paru en 2019, France Creative et EY ont constaté qu’en 2018, le secteur des arts visuels a généré 23,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, faisant de lui le premier secteur culturel français (devant la musique et le cinéma qui ont respectivement généré 9,7 et 3,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires)1.

Pourtant, des études récentes montrent que les financements publics consacrés aux arts visuels ne sont pas toujours représentatifs du poids de ce secteur dans la culture. A titre d’exemple, en 2019, les communes n’ont alloué que 2% de leurs dépenses culturelles aux arts plastiques2.

Il est par ailleurs rappelé que les artistes des arts visuels ne bénéficient pas du mécanisme de soutien protecteur des artistes que représente le régime de l’intermittence et que la multitude de TPE du secteur des arts visuels, constituant un élément essentiel du maillage territorial, a été très fortement touchée par la crise sanitaire et les confinements qui en ont découlé. Une fois encore, les arts visuels ont été le parent pauvre de la politique de relance, se voyant attribuer 13,1 millions d’euros, soit seulement 3% des crédits consacrés au redressement de la création 3.

Dès lors, plus que jamais, l’ADAGP interpelle les pouvoirs publics et soumet des propositions de soutien de la scène artistique française, pour la plupart issues de mesures qui ont fait leurs preuves dans d’autres secteurs culturels et dont le bénéfice pour les créateurs concernés n’est plus à démontrer.

 

>> Consulter les 9 enjeux

 

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France Creative et EY, L’économie mosaïque, 3ème panorama des industries culturelles et créatives en France, novembre 2019.

2 Chiffres clés 2021, statistique de la culture et de la communication, ministère de la Culture, département des études, de la prospective et des statistiques.

3 Rapport d’information fait au nom de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication sur la répartition territoriale des moyens alloués à la création, par Mmes Sonia de La Prôvoté et Sylvie Roberto, sénatrices, enregistré à la présidence du Sénat le 3 novembre 2021, p.11-12.

 

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